Production et vente d'orchidées tropicales, pépinière installée à Plougastel Daoulas, en Bretagne, depuis 1998.
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Les Disa, Orchidées mythiques


Disa uniflora
Le genre Disa fût fondé en 1767 par le botaniste suédois Peter Jonas Bergius, sur la description de Disa uniflora. Le nom ferait référence à un personnage de la mythologie suédoise : La Reine Disa, à qui il fut ordonné d'apparaître devant le roi, "ni habillée, ni dévêtue", choisit de porter sur elle un filet de pêche pour résoudre ce problème. L'analogie entre le veinage délicat du sépal dorsal de Disa uniflora et le filet de pêche de la reine Disa serait à l'origine du nom du genre.


GENERALITES


Le genre contient actuellement 162 espèces, réparties en cinq sous-genres, eux-mêmes divisés en 15 sections.
L'Afrique du Sud est très majoritairement la patrie des Disa, puisque 131 espèces sont recensées dans la région floristique du Cap. Les autres espèces sont réparties en Afrique tropicale, à Madagascar et à La Réunion. On trouve également une espèce dans la péninsule Arabique.

Disa racines nuesTous les Disa sont terrestres et produisent un tubercule souterrain qui se renouvelle chaque année, accompagné chez certaines espèces de stolons à l'extrémité desquels se développe une nouvelle pousse. La partie aérienne de la plante est généralement constituée d'une rosette de feuilles tendres, au centre de laquelle se développe la tige florale. Beaucoup de Disa sont des géophytes (1), en réaction à une saison sèche marquée dans leur habitat. Les espèces les plus couramment cultivées ont un feuillage persistant, et poussent à proximité des cours d'eau, ou dans les zones marécageuses.

Les sept espèces les plus cultivées sont Disa uniflora, D. tripetaloides, D. aurata, D. cardinalis, D. racemosa, D. caulescens et D. venosa. Elles sont à l’origine de l'essentiel des hybrides créés jusqu'à nos jours.

Disa uniflora
Disa uniflora Bergius ( synonyme : Disa grandiflora )
Connue depuis 1704, cette orchidée spectaculaire a fleuri la première fois en culture en 1825. En Europe, la floraison intervient en fin de printemps, jusqu'au milieu de l'été, sur une tige d'une quarantaine de centimètres. Les fleurs, généralement au nombre de un à trois, sont résupinées et ont une envergure de 10 à 12 cm. La couleur la plus commune est le rouge, mais de nombreuses variantes existent naturellement : rose, orange et très rarement jaune.
Son aire est limitée à la province du Cap, en Afrique du Sud, et notamment sur la montagne de la Table, ce qui lui a valu localement le surnom de "Pride of the Table Mountain". Elle y pousse le long des torrents, souvent en plein soleil.





Disa tripetaloidesDisa tripetaloides (L.f .) N.E. Brown
Cette espèce de petite taille développe une inflorescence d'une quinzaine de centimètres, sur laquelle se répartissent 10 à 20 petites fleurs blanches, plus ou moins maculées de rose. Chez certaines formes, les fleurs blanches en début de floraison, deviennent complètement rose à maturité. Disa tripetaloides a été largement utilisée en hybridation pour augmenter le nombre de fleurs. Plus tolérant que D. uniflora, sa répartition est plus large en Afrique du Sud. La floraison intervient d'Avril à Juin en Europe.




Disa aurata
Disa aurata (Bolus) L. Parker et H. Koopowitz (synonyme : Disa tripetaloides subsp. aurata).
Longtemps considérée comme sous-espèce de D. tripetaloides, ses fleurs jaune d'or permettent de développer des hybrides à dominante jaune.

Disa cardinalis H.P. Linder.
Les inflorescences de cette espèce décrite en 1980 portent jusqu'à 25 fleurs rouge vif, de taille moyenne et bien disposées sur une longue tige. Son habitat est très localisé, sur les flancs de la montagne Langeberg, dans la province du Cap.

Disa racemosa L. f.
D. racemosa a été très utilisé en hybridation pour ses longues tiges portant des fleurs bien espacées, caractéristique manquante chez D. uniflora. Le premier hybride de Disa fut d'ailleurs réalisé en croisant D. uniflora avec D. racemosa. Le résultat fut nommé D. x Veitchii. La couleur dominante chez cette espèce est le rose. Il existe une très rare variété blanc pur, découverte en 1984. Dans le milieu naturel (Province du Cap), la floraison de D. racemosa est souvent conditionnée et stimulée par les feux de prairies, ce qui rend sa culture particulièrement aléatoire.




Disa caulescens Lindley
D'aspect assez proche de D. tripetaloides, D. caulescens s'en distingue par ses sépales particulièrement grands, blancs striés de pourpre. Habitat : Province du Cap.

Disa cardinalis



Disa venosa Swartz
Espèce proche de D. racemosa, mais les sépales sont plus étroits. Certaines variétés ont un coloris rose magenta très intense. Son habitat est confiné aux marécages, dans la province du Cap.

Hybridation : Plus de 200 hybrides de Disa sont actuellement recensés, offrant une vaste palette de couleurs dans toutes les nuances de jaune, rose, orange, rouge. Les tendances actuelles vont vers la création d'hybrides jaunes, voire blancs. L'obtention de fleurs aux formes parfaites (2) est également un critère recherché. Enfin, les croisements avec certaines espèces à floraison précoce permettront peut-être d'avancer l'apparition des fleurs.
 







CULTURE DES DISA


Disa Ruz HeolDébutée en Europe à la fin du 19ème, la culture des Disa y connut un certain essor jusqu'en 1920. Une dizaine d'hybrides virent même le jour pendant cette période. Vers 1920, les Disa disparurent complètement des collections. Les raisons de cet échec soudain sont méconnues, on peut seulement supposer que les cultivateurs de l'époque ont fini par oublier les exigences de culture des Disa, liées à leur habitat et aux conditions climatiques de leur milieu d'origine.
Il faudra attendre les années 50 pour que les Disa réapparaissent en culture, à l'initiative de cultivateurs Sud-Africains qui s'inspirèrent des conditions naturelles des biotopes de Disa. Ce renouveau permit la création d'environ 200 hybrides supplémentaires.
Encore de nos jours, les Disa souffrent souvent d'une réputation de plantes incultivables, ou capricieuses à l'extrème. Plusieurs méthodes simples existent pourtant, mais elles doivent impérativement être accompagnées d'une bonne compréhension des conditions de vie naturelles de ces plantes. Le seul "défaut" que l'on puisse reprocher aux Disa est de ne pas prévenir avant de mourir, contrairement à la plupart des autres orchidées !
Il semble en effet que leur tolérance soit très faible dès que l'on s'écarte des conditions de culture optimales.
 

1) Paramètres de culture :


Lumière : Dans le milieu naturel, beaucoup de Disa poussent dans un environnement très lumineux, n'étant ombrés que par des herbes hautes. En culture, il est donc difficile de leur apporter trop de lumière, et ce, toute l'année durant. On peut donc constater sans crainte un feuillage rougissant. Une bonne luminosité a également l'intérêt, semble-t-il, d'intensifier le coloris des fleurs. Ce besoin en lumière est particulièrement important en hiver, de façon à ne pas trop freiner la croissance des nouvelles pousses. En serre, l'été, un ombrage de 50% est bénéfique, essentiellement pour maintenir une température raisonnable.

Ventilation : Les Disa, comme les autres orchidées, apprécient une bonne ventilation qui limite également les attaques fongiques sur le feuillage et le botrytis en période de floraison.

Températures : La région du Cap, en Afrique du Sud, est une zone climatique de type méditerranéen. L'hiver, les températures sont fraîches et l'été, elles peuvent monter jusqu'à 35°C. En culture, on appliquera les principes suivants : L'hiver, maintenir les plantes entre 2 et 12°C la nuit, et jusqu’à 20°C ou plus en journée. En été, on veillera simplement à éviter les températures au delà de 30°C. Si les parties aériennes des Disa tolèrent parfaitement des températures élevées, il n'en est pas de même des parties souterraines : dans le milieu naturel, beaucoup poussent à proximité des torrents où une eau glacée baigne leurs racines. En culture, il faut donc veiller à maintenir des conditions acceptables au niveau de la motte. Quelques méthodes simples seront décrites plus loin dans cet article.

Hygrométrie : Il faut oublier ici les concepts appliqués aux orchidées épiphytes. Les Disa n'ont besoin ni en hiver, ni en été, d'une forte hygrométrie. A contrario, un humidité élevée favorise les attaques fongiques, qui peuvent être fatales aux Disa. L'idéal est de maintenir l'hygrométrie entre 50 et 70%.

Disa uniflora jauneQualité de l'eau d'arrosage: Il s'agit probablement d'un des facteurs les plus importants, la tolérance des Disa étant très faible concernant ce paramètre. L'eau de conduite peut être utilisée dans certains cas, la conductivité ne devant pas être supérieure à 200µS/cm. Il est cependant préférable d'utiliser de l'eau de pluie, récoltée et stockée dans de bonnes conditions (éviter les gouttières en zinc), ou encore de l'eau osmosée. A défaut, une eau de source très peu minéralisée peut convenir. Le pH peut varier de 3,5 à 7 sans conséquences.

Arrosage : Le milieu de culture des Disa ne doit jamais sécher complètement, il s'agit encore ici d'un critère primordial. Un Disa présentant des signes de déshydratation du feuillage est en général déjà condamné. La fréquence d'arrosage dépend de la méthode utilisée.

Engrais : Les Disa sont particulièrement sensibles à l’excès de sels nutritifs. Un apport régulier d’engrais est toutefois souhaitable, en diluant par 4 ou 5 la dose habituellement délivrée aux autres orchidées. Il faut garder à l'esprit qu'une conductivité finale de 300µS/cm ne doit pas être dépassée. Une application tous les trois semaines en période de croissance des pousses (du mois d’aout jusqu’au mois de Mai/Juin) peut convenir.

Substrat de culture : Le sol sur lequel poussent les Disa en Afrique du Sud peut être assimilé à un sol de tourbière : acide, pauvre en nutriments. Plusieurs ingrédients peuvent être utilisés et associés :
• Tourbe : Cet élément donne de bons résultats, associé à d'autres composants permettant d'aérer le substrat. La tourbe blonde d'Irlande ou de Lituanie convient parfaitement, en utilisant de préférence une granulométrie grossière.
• Sable : Il permet d'alléger les mélanges. Utiliser exclusivement un sable non calcaire et chimiquement neutre. Choisir une granulométrie comprise entre 1 et 5 mm.
• Perlite : Peut être utilisée pour remplacer le sable.
• Sphaigne sèche : La mousse de sphaigne donne de bons résultats, associée par exemple à de la perlite.
Le mélange utilisé à La Canopée est le suivant, en volume : 2/3 tourbe blonde, 1/3 perlite.
Le rempotage peut être effectué de la fin du printemps jusqu’au milieu de l’automne, tous les ans ou tous les deux ans au maximum.

Pots : L'utilisation de pots en plastique opaques nous semble préférable.

Disa dépotageDisa rempotageDisa rempotage






























 

2) Méthode de culture :


Quelques méthodes simples permettent de simuler l'environnement naturel des Disa :
 

Emplacement :

- La culture en serre froide convient bien aux Disa, à condition de maintenir toute l'année une hygrométrie relativement basse (50-70%). Tout ombrage doit être retiré en hiver.
- La culture en extérieur, à mi-ombre, est possible toute l'année dans les régions à climat océanique. Sous d'autres climats, il est envisageable de sortir les Disa du printemps à l'automne. Bien menée, cette culture peut donner des résultats très spectaculaires.
- Une véranda non chauffée peut également convenir. L'hygrométrie y est en général assez basse. Il faut cependant négocier correctement les températures élevées en été, en installant par exemple les Disa dans le jardin.
 

Principes de culture :

Disa en culture- Culture en bac avec un fond d’eau : les pots sont regroupés dans des bacs, d'une hauteur de 5 à 10 cm environ. Les plantes sont arrosées de façon à ce que les pots baignent dans 1 cm d'eau environ. L'arrosage suivant a lieu lorsqu'il ne reste presque plus d'eau, ou lorsqu’il est nécessaire de renouveler l’eau, par exemple quelques jours après une application d’engrais. Cette méthode permet de gérer simplement les arrosages. Il faut simplement éviter de mouiller le feuillage lorsque les températures sont fraiches, afin d’éviter les problèmes fongiques ou bactériens.
- Culture avec flux d'eau permanent : Les pots sont ici disposés dans un grand bac, équipé à l'une de ses extrémités d'un trop- plein dont le rebord est à un centimètre du fond du bac. Par débordement, l'eau est conduite dans un réservoir sous le bac. Une petite pompe renvoie l'eau à l'autre extrémité du bac de culture. Un courant d'eau permanent est donc maintenu autour des pots, simulant ainsi les conditions naturelles d'un cours d'eau. Certains cultivateurs, dans les régions où l'été est particulièrement chaud, connectent sur le réservoir un groupe de réfrigération.
- Culture sur lame d'eau : Cette technique voisine de la précédente, se pratique sur un plateau de culture légèrement incliné. L'eau est distribuée le long du bord le plus haut du plateau par une rampe en PVC percée de petits trous. L'eau glisse sur le plateau et autour des pots, pour être recueillie en partie basse par une gouttière. La difficulté réside dans le réglage de la distribution d'eau, de façon à ce qu'une véritable lame se forme sur toute la surface du plateau.
 

3) Calendrier de culture : 


Eté :
• Arrosages fréquents, à la demande
• Ombrage 50%
• Apport d'engrais tous les 15 jours à partir du mois d’Aout
• Les pousses matures, dont certaines ont pu fleurir, commence à se dégrader en cours d’été. Retirer les feuilles brunes au fur et à mesure. La plante commence à produire de nouvelles pousses, qui se développeront jusqu’au milieu du printemps
• Rempotage possible tout l’été, mais de préférence fin Aout - début Septembre

Automne :
• Arrosage régulier, maintenir humide
• Retirer l'ombrage                                                                              
• Apports d'engrais tous les 15 jours
• La croissance des pousses continue

Hiver :
• Arrosages plus espacés, tout en maintenant les pots humides.
• Luminosité maximum
• Engrais toutes les trois semaines
• La croissance des pousses continue

Printemps :
• Arrosages plus fréquents
• Luminosité maximum jusqu'au mois de Mai, ensuite ombrage 50%
• Apport d'engrais toutes les trois semaines.
• Les pousses sont matures, apparition des tiges florales
• Assurer une bonne ventilation.




La culture des Disa n'est pas compliquée si l'on prend la peine de bien comprendre leur mode de vie dans le milieu naturel. L'association d'une méthode de culture simple et la rigueur dans les soins apportés aux plantes permet d'obtenir de superbes floraisons durant deux mois.

Annotations :

(1) Géophyte : plante herbacée dont les organes aériens meurent durant la saison défavorable ( sèche ou froide ), période où seuls les organes souterrains restent vivants.

(2) Les sépales doivent être symétriques, leur apex formant les trois sommets d’un triangle équilatéral dont le centre serait le stigmate. Les deux sépales latéraux doivent être aussi plats que possible et non recourbés vers l’arrière.

Bibliographie

La Croix, I., E. La Croix, 1997. African Orchids, in the wild and in cultivation. Timber Press, Portland, Oregon.
Mc Donald, G.J. 1991. Disa hybridization. Amer. Orchid. Soc. Bull. 60 : 748-753.
Rolfe, R.A. 1891. In J. Linden, Lindenia, Iconographie des orchidées. Vol.2 : 467-469. Naturalia.
Vogelpoel, L. 2001. Disa breeding in the western Cape, South Africa. Orchid Digest 65 : 52-62.